Le financement des retraites

mardi 16 février 2010
par  pep cgt
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(Extrait d’un dossier de Kareen Janselme paru dans la Nouvelle Vie Ouvrière du 29 janvier 2010.)

Si la crise a principalement frappé les régimes par capitalisation démontrant, une fois de plus, la vulnérabilité des fonds de pension, elle n’a pas pour autant épargner l’équilibre financier des régimes par répartition affectés par la baisse de l’activité, l’augmentation du chômage, le creusement des déficits publics et aussi la chute de la valeur des réserves du fond de retraite. « Le déficit du régime de base de la CNAV qui était autour de 5 milliards d’euros est passé avec la crise à plus de 8 milliards d’euros pour 2009. En 2010, on prévoit 10 milliards d’euros, explique Gérard Rodriguez, conseiller confédéral en charge du dossier des retraites. Il y aurait un quasi doublement du déficit en lien avec la crise. »

Si la transformation de notre système de retraite a été envisagée, et le rapport du COR (Conseil d’orientation des retraites) commandé en ce sens, une réforme systémique serait compliquée à mettre en œuvre, longue, et très chère. Or la priorité affichée est de réduire le déficit. « Le gouvernement risque plutôt de se tourner vers une réforme des paramètre comme l’allongement de la durée de cotisation ou de l’âge légal de départ en retraite, reprend Gérard Rodriguez, qui ira plus loin et fera plus mal... La situation est déjà dégradée et ça va continuer. Le patronat ne veut pas de nouvelles cotisations patronales dans sa logique permanente de réduction du « coût du travail ». De son côté, le gouvernement veut aussi réduire les dépenses publiques. Les prévisions démographiques pronostiquent une évolution plus importante du nombre de retraités par rapport au nombre d’actifs. Si de nouvelles ressources ne sont pas allouées aux retraites, les retraités seront plus nombreux à se partager le même gâteau : leurs pensions vont baisser. »

Jusqu’ici l’allongement de la durée de l’assurance n’a pas produit les effets escomptés. « Alors que la durée d’assurance passait de 37,5 à 40 ans et plus, l’âge moyen de cessation d’activité n’a progressé que de deux mois. » Si gouvernement et patronat se refusent à toucher aux cotisations, voir à élargir leur assiette à l’intéressement et la participation comme le propose la CGT, ils ne pourront jouer que sur les paramètres restant : la durée d’assurance et l’âge légal de départ en retraite. Or l’allongement de la durée d’assurance n’induit pas mécaniquement un report de l’âge de départ en retraite. Quand on allonge la durée d’assurance pour obtenir une retraite à taux plein, les actifs regardent d’abord leur situation à 60 ans (âge légal du départ). Compte-tenu des menaces qui pèsent sur les régimes, les assurés préfèrent tout de même liquider leur retraite.

Dans le cas du report de l’âge légal, la situation est différente : le salarié n’a pas le choix. Si l’âge légal est imposé à 62 ans, le salarié devra attendre cet âge pour prendre sa retraite, même s’il peut déjà bénéficier d’une pension à taux plein. « Aujourd’hui, le déficit annoncé de 10 milliards d’euros pour 2010 fait réfléchir le gouvernement d’autant plus que les flux de passage de l’activité à la retraite vont augmenter en raison du papy-boom. Si on reporte l’âge légal de départ en retraite, il y aura moins de personnes qui prendront leur retraite à ce moment-là. Leurs pensions ne seront pas versées. On évitera de creuser le déficit, tout en obtenant plus de cotisations et donc des recettes en plus. Mais ce n’est que reculer pour mieux sauter. Une fois cet effet à court terme passé, on reviendra à la situation initiale. »


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