La CGT mobilisée pour sauver le train Perpignan-Rungis

vendredi 21 juin

Deux rassemblements d’ampleur ont eu lieu à Perpignan et Paris jeudi 20 juin, pour exiger le maintien du train des primeurs Perpignan-Rungis, que le gouvernement projette de supprimer et de remplacer par des camions. Qu’il sera bien difficile de repeindre en vert.

À l’initiative de la CGT des cheminots, deux mobilisations étaient organisées jeudi 20 juin aux deux extrémités de la ligne du train des primeurs : au Sud, à Perpignan, les militants ont manifesté devant la préfecture des Pyrénées-Orientales, rejoints par des gilets jaunes, des écologistes, des élus locaux, des collectifs de citoyens et de la confédération paysanne. À Paris, les manifestants se sont retrouvés devant le ministère des Transports.

Côté Perpignan, afin d’interpeler le représentant de l’État sur le maintien du train des primeurs qui assure l’acheminement quotidien de 1200T/jour de marchandises (fruits et légumes) vers le MIN de Rungis, ils ont déposé plusieurs mètres de rail devant le bâtiment de la préfecture.

« Au moment où le gouvernement Philippe repeint en vert ses réformes, le Fret ferroviaire subit un coup très grave. Il est pourtant un moyen de transport essentiel de la lutte pour le climat », expliquait une manifestante.

Les experts du Fret, exclus de la réunion ministérielle

Simultanément, au nord de la ligne du Perpignan-Rungis, 200 militants manifestaient devant les portes du ministère des Transports à Paris. S’y tenait, ce même jour, une réunion de travail sur l’avenir du train des primeurs. Et cela, en l’absence des cheminots du Fret SNCF. Ils n’y avaient pas été conviés, malgré leurs demandes répétées et alors même qu’ils portent un projet, « Ensemble pour le Fer » proposant plusieurs solutions en matière de transport multimodal, de relance du Fret en alternative à la politique de « Tout camion » privilégiée à ce stade par le ministère des Transports.

Le train des primeurs, équivalant de 25 000 camions par an

Rejoints par de nombreux élus d’EELV, de la LFI, du PCF… les cheminots ont réaffirmé les enjeux économiques, sociaux et surtout, écologiques liés à cette ligne de fret. L’arrêt de son exploitation, programmé au 30 juin puis repoussé au 15 juillet grâce aux mobilisations qui se sont succédé depuis le mois de mars, verserait rien de moins que 25 000 camions supplémentaires par an sur nos routes.

Avec pour conséquences des dégâts considérables qui vont de la pollution de l’air à l’accroissement de l’accidentologie.

Plus concrètement, cela se traduirait par 9 000 camions supplémentaires par jour au point de frontière du Perthus (entre la France et l’Espagne) sur la A9 — déjà saturée — et par 1 camion toutes les six secondes sur l’A86 en Val-de-Marne, ainsi que l’a calculé le collectif des cheminots « Sauvons les Perpignan-Rungis ».

La SNCF face à des choix stratégiques

« Même repeint en vert, le capitalisme ne peut répondre aux besoins immédiats que nous impose l’urgence climatique », a déclaré Alexandre Boyer, cheminot CGT du secteur Fret Paris-Sud-Est. « Ce qui se joue avec ce train est emblématique des choix stratégiques de la SNCF en matière de Fret. Nous sentons le ministère des transports très fébrile sur ce dossier du fait de la non-acceptabilité sociale qui s’exprime suite à l’annonce de l’arrêt de ce train et de son transfert sur la route ».

À la différence du ministère des Transports, les cheminots ont bien saisi que le ferroviaire, et donc le fret, est vital pour le climat. Et que l’enjeu industriel de la relance du fret (démantelé depuis les années 2003) va désormais dépendre, en grande partie, de la pression citoyenne en faveur de politiques climato-compatibles et favorables à l’environnement.

Or, pour l’heure, l’avenir du train des primeurs — qui est, pour la CGT, le poisson-pilote de la relance du fret ferroviaire — reste conditionné à une logique strictement financière : il faut investir 25 millions d’euros pour la rénovation des wagons frigo, effectivement vétustes, que Fret Sncf refuse de supporter.

Les modes de transport, un enjeu vital

De leur côté, les cheminots ont calculé qu’il suffirait de 15 000 euros d’investissement par wagon frigo, soit 35 millions d’euros au total, pour pérenniser pendant plusieurs années la liaison ferroviaire Perpignan-Rungis. « De quoi laisser du temps au ministère des Transports pour trouver des solutions alternatives au “Tout camion” », a précisé Alexandre Boyer. Et de rappeler quelques chiffres clés : le train des primeurs, c’est 1,6 million de tonnes de fruits et légumes par an, soit 31 % des entrées et 24 % des sorties du pays assurées par le Fret, moyen de transport le moins polluant.

De leur côté, les transports en général pèsent pour 60 % dans le bilan des émissions de gaz à effet de serre. Ajoutons l’augmentation continuelle de la part modale routière au détriment du fret, lequel est passé de 14 % en 2006 à 7 % aujourd’hui et cherchons l’erreur.

« Alors que se développent depuis des mois des marches pour le climat à l’initiative de la jeunesse, la question du transport devient cruciale pour l’avenir de l’humanité. Mais la prendre réellement en compte nécessite de la volonté et des politiques publiques fortes », a conclu Alexandre Boyer.



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